En ce début de XVè siècle,
le Comtat est complètement ravagé. L'inféodation
du nouveau seigneur désigné par Benoît XIII et l'état
de guerre permanent accentuent le déclin de Châteauneuf.
Le 24 juillet 1433, par l'intermédiaire
du gouverneur de Provence, le roi de Sicile prend possession de Bédarrides
et de Châteauneuf. Est-ce une inféodation temporaire ?
Le neveu du pape essaie-t-il de recouvrer une partie de ses biens ?
Quelles qu'en soient les raisons, les habitants de Châteauneuf
ne doivent guère apprécier cette nouvelle source de conflits
s'ajoutant à l'inféodation réclamée par
Boucicaut.
En 1476, une bulle destitue Charles de
Bourbon, archevêque de Lyon, qui doit céder son poste de
légat du pape au cardinal de La Rovère. Le roi Louis XI
refusant cette décision, le Comtat va de nouveau être dévasté
par la guerre.
En avril, le cardinal de La Rovere, nouveau
légat, veut prendre possession du palais apostolique, mais les
occupants, au nom de l'archevêque de Lyon, lui refusent l'entrée.
Après des assauts repoussés, le siège du palais
commence. Louis XI envoie une armée de 15 000 hommes dans le
Comtat, avec à sa tête l'archevêque de Lyon. Pris
de peur, le cardinal lève le siège le 25 avril et se rend
à Châteauneuf d'où il compte négocier avec
le roi. Trois jours après, le gros de l'armée royale campe
à Sorgues et les troupes ravagent déjà le Venaissin
et saccagent Châteauneuf.
Après négociations, le
cardinal de La Rovere est confirmé légat du pape. Il apprécie
Châteauneuf car il y fait divers séjours jusqu'en 1496.
L'archevêque de Rhodes sera également l'hôte du village,
mais il y sera conduit sous bonne escorte après son arrestation
pour avoir trahi le cardinal.
Au cours de ce siècle pour le
moins troublé, il faut croire que Châteauneuf a su conserver
une partie de sa prospérité malgré les épreuves.
En 1500, le village compte encore 1 600 habitants et son vignoble est
plus étendu qu'au temps des Papes. Pourtant, même si les
documents sont peu nombreux, nous pouvons affirmer que depuis la peste
de 1348, les habitants n'ont pas été épargnés
par les calamités. Le XVIè siècle avec ses conflits
religieux ne leur sera pas plus favorable.